Quand l'amour se brise, c'est fou comme le monde perd son sens. Et pourtant ...
Je ne ressens plus rien. Cette anésthésie tant attendue a enfin fait son effet. J'ai risqué, j'ai laissé la douleur revenir mais je ne l'ai pas sentie. Une plaie qui se referme tout comme toi tu pars. Un soulagement que de se dire qu'on aime plus ou bien n'est ce qu'un leurre? Moi, j'y crois. Pendant longtemps j'ai attendu que les larmes sèchent, que la plaie ne soit plus que cicatrice. Tu ne m'as même pas brisée cette fois-ci, déçu? Moi je dois t'avouer que je le suis un peu. Je te croyais plus charmeur, plus joueur, plus manipulateur. A croire que l'angoisse et le mélodrame sont mon adrénaline, mon plaisir. La seule tristesse que je ressens aujourd'hui est celle de ne plus être convoitée. J'aime être aimée comme toi tu aimes donner cette illusion d'un amour frais, débordant, enfantin. On pourrait croire que tu as pris le dessus, que tu m'as devancé, que tu as gagné encore une fois cette course de ne pas être brisé mais de briser. Mais non. Cette fois fut la fois de trop et ton premier echec. Quel plaisir m'envahit quand je pense que tu ne signifies plus rien, que tu ne représentes plus rien : en somme, que tu n'es plus rien à mes yeux ! A trop jouer avec le feu, on finit par se bruler mais, tu vois, le feu ne me consume pas.
J'ai pris ma revanche sur l'amour que j'ai pu te donner un jour et je l'ai écrasé, pietiné, massacré et aujourd'hui il n'en reste rien, même plus quelques morceaux, quelques miettes voire même quelques atomes. Non. Je l'ai envoyé en enfer à jamais.


